Le mot du dimanche

Publié le par Cariboo

Et voici le grand retour du mot du dimanche ! Après les beuveries de fin d'année et le choc post-traumatique qui en découle, il est grand temps de revenir aux sources et de penser un instant à se cultiver l'esprit et le vocabulaire (et surtout d'oublier la vision de tata Jeanine déguisée en mère Noël se faisant fesser par tonton Marcel en père Fouettard...).

À cet effet, je vous propose aujourd'hui un mot positif, beau, intelligent (comme toujours) et positif (comme jamais) parce que c'est le nouvel an, que le nouvel an c'est positif, et qu'on déconne pas avec le nouvel an.

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Vous vous êtes très certainement déjà retrouvé en situation de joie intense, du genre qui vous rend les yeux tous ronds et humides d'excitation et qui vous fait pousser des "ooh", des "aah" ou encore des "J'suis jouaaaasse !!". Si, rappelez-vous, vous aviez 5 ans quand votre premier animal de compagnie (une sauterelle que vous aviez récupéré dans le jardin, tendrement nommée "la sauterelle" - oui, on peut pas être très inspiré tout le temps) est décédé sous les coups de langue ravageurs de votre deuxième animal de compagnie, un crapaud que vous aviez essayé de faire fumer mais qui n'a jamais voulu exploser (et qui est devenu depuis accro à la nicotine, d'où l'adoption, vous n'aviez pas le coeur à le laisser se désintoxiquer seul - il aurait pu vous traîner en justice de toute façon et vous forcer à payer ses nicorettes... non c'était vraiment plus simple de cette façon), Bruno le crapaud.

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Pour faire face à la douleur de cette perte, vos parents vous ont alors proposé un cadeau de substitution, appellé communément "Chéri-prends-lui-une-autre-merde-pour-qu'il-arrête-de-faire-chier", et quelle ne fut pas votre surprise d'apprendre que votre nouvel animal de compagnie serait... un pokémon ! Un vrai ! Rangé dans sa pokéboule ! Qui fera des petits *squik squik squik* quand vous le lancerez du haut de l'escalier pour faire la peau aux méchantes 3 premières marches qui grincent et vous empêchent de rentrer de vos boums, complètement bourré à 5h du mat',  sans vous faire repérer par vos parents qui sont très à cheval là-dessus (et puis bon, vous aviez 5 ans quand même).

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Souvenez-vous alors de vous-même à cet instant. Lumineux, rayonnant, heureux, les yeux tous ronds de bonheur (et le slip avec), vous vous êtes sûrement mis à courir partout dans la pièce en hurlant "POKEMON !! TAKE THAT BIATCH !!1" et autres "ROFLMAOTSETUNG !!1". Du pur bonheur pour vos parents qui ont du composer avec votre état d'autiste épileptique joyeux pendant le jours suivants (petite pensée à votre papa qui a sombré dans l'alcoolisme depuis et répète souvent en balançant la tête d'avant en arrière "pourquoi j'ai dit ça pourquoi j'ai dit ça pourquoi j'ai dit ça..." - c'est triste).

Et là surprise, j'imagine que personne ne le voyait venir, mais la langue française comprend un mot qui correspond pile-poil à ce genre de soudaine (ou pas d'ailleurs) vitalité enjoué : l'alacrité. L'alacrité étant un état de vigueur, de vitalité accompagnée d'enjouement et d'entrain. Voilà qui pourra remplacer "cet sale folle histerik lol" par "elle fait preuve d'une alacrité manifeste" dans vos soirées les plus mondaines (à prononcer d'un ton pincé et condescendant, il serait dommage de ne pas passer pour un connard prétentieux après tout le mal que vous vous donnez à apprendre de nouveaux mots intelligents).

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De même, lorsque les enfants puants (parce que les mômes, ça pue) de vos amis se cramponneront à votre tête "pour jouer", vous donnant la ferme impression qu'ils essayent d'arracher chaque mèche de cheveux de votre crâne avec une précision alarmante, vous pourrez toujours les insulter tout en finesse en couplant quelques mots appris sur Caribooland. Parlez par exemple d'alacrité méphitique. Ainsi vous ne vexerez pas les parents et vous continuerez à être invité à manger à l'oeil, malgré votre dégoût à peine déguisé envers eux et leurs petits mutants.

...

Quoi ?

C'est la crise non ?

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